mardi 14 mai 2013

L'accouchement de Jeanne d'Albret - 1553.

Source : Naissance de Henri IV - Eugène Devéria - 1828 - Pau Musée des Beaux Arts. 

Jeanne d'Albret ne manquait pas de caractère. Sur les terres du Poitou, à Châtellerault,
enfermée au chateau de la Berlandière, elle tint tête à son oncle le roi François 1er qui
voulait la marier au Duc de Clèves en 1541. Elle avait à peine douze ans
et on voulait la marier à un vieux de 26 ans !
Elle résista, elle rusa, elle enragea, elle tint tête à son oncle qui sillonnait la région,
chassant au chateau de Chitré, à Bonnes, s'en donnant à coeur joie, dépensant l'argent du
royaume, tant et si bien qu'il tenta de rétablir la Gabelle en Poitou.
Un vrai fiasco qui donnera au mariage de la p'tite Jeanne le nom amer de "Noces Salées".
Les choses s'arrangeront. Le mariage qui de version officielle ne fut pas consommé, sera
annulé.
Jeanne d'Albret épouse en secondes noces Antoine de Bourbon, duc de Vendôme, premier prince du
sang. En 1548, elle a un peu grandi et elle est amoureuse.
Elle a toujours un sacré caractère qu'elle gardera toute sa vie.
La nuit du 12 au 13 Décembre 1553, Jeanne accouche de son second fils. Le premier, un garçon est
mort quelques mois avant, victime des mauvais soins de sa nourrice.
Le grand-père Henri d'Albret, s'inquiète de cette deuxième grossesse. Il arrive à convaincre sa
fille d'accoucher en Béarn, chez lui, à Pau.
Il y a des grand-pères comme ça, que ça brasse un peu de voir leur fille mettre au monde.
Il se dit que le grand air, il n'y a que ça de vrai. Il installe même les nourrices  à
proximité en les choisissant avec soin, afin que son p'tit fils grandisse en toute sécurité.
Il espère un garçon et tente de forcer le sort en promettant à sa fille la remise d'un coffret
d'or contenant son testament, à condition qu'elle ne lui fasse point "une pleureuse ni un enfant
rechigné".
Jeanne est arrivée une dizaine de jours avant, la nuit du 12 décembre elle accouche.
 A Pau, on accouche en chantant la chanson de Notre Dame du bout du Pont, celle qui aide les
accouchées. On a la péridurale de son temps.

Nouste dame deu cap deu poun
Adjudat me a d’aquets hore !
Pregat au Diu deu ceu
Que m’boulhe bié delivra leu
D’u maynat que m’hassie doun
Tout dinqu’au haut deus mont l’implore

Notre-Dame du bout du pont
Aidez-moi à cette heure !
Priez le Dieu du ciel
Qu’il veuille bien me délivrer
D’un garçon qu’il me fasse don
Jusqu’au haut des monts je l’implore.

Toute la ville chante pour aider Jeanne ! Et Henri d'Albret incite sa fille à en faire autant
cette nuit là, pour faciliter la délivrance !
Et ça marche !
A peine l'enfant né, il est baptisé à la manière locale, on lui frotte le museau avec une
gousse d'ail et on lui mouille les lèvres avec quelques gouttes de vin.
 C'est le grand-père Henri d'Albret qui s'en charge en brandissant l'enfant à la foule, ivre de
joie : " Voyez ma brebis vient d'enfanter un lion ! "
Réponse du Berger béarnais au berger espagnol qui s'était moqué de la naissance de Jeanne en
1528 en ces termes : "Miracle la vache a enfanté une brebis! "
le Roi de Navarre en juste récompense, passe une chaine d'or au cou de Jeanne sa fille, et lui
donne le coffret contenant son testament.
Donnant donnant, il précise : " Voilà qui est à vous
ma fille, mais voici qui est à moi. "

Source Gallica BNF : Les accouchements dans les Beaux-Arts et la littérature Witkowsky 1894
Musée National du Château de Pau

5 commentaires:

  1. La chanson n'a pas eu d'effet... L'accouchement de Laëtitia attendra encore un peu ! :-)

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  2. Je note précieusement ces quelques paroles et les confierai à qui voudra accoucher
    d'un garçon !!! :-)

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  3. L'accouchement a eu lieu, finalement, le 21 mai. D'une petite Garance.

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  4. L'accouchement a finalement eu lieu, le 21 mai, d'une petite Garance.

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  5. Félicitations Léti et tous mes voeux à cette petite Garance ! Un très joli prénom ! Je découvre ce message avec beaucoup de retard, pardon pour cette réponse tardive ! En plus aujourd'hui je me disais ah là c'est sur elle pouponne !
    Bises.

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